Introduction

Nous sommes tous soucieux de la manière dont nous allons vieillir et nous souhaitons le faire dans les moins mauvaises conditions possibles.

Nous savons désormais qu’il faut contrôler l’hypertension et la glycémie pour diminuer nos risques cardio-vasculaires et qu’une alimentation équilibrée et une activité physique régulière vont contribuer à la prévention des chutes, risque majeur de perte d’autonomie.

« Un esprit sain dans un corps sain » et voilà qu’ont fleuri jeux et exercices pour « muscler notre cerveau ».

Notre cerveau certes vieillit. Existe-t-il une prévention possible ? Que peut-on attendre des jeux et autres propositions d’activités cérébrales ?

Les fonctions cognitives

Le cerveau est le centre qui intègre toutes nos perceptions et qui est le siège des fonctions cognitives (intellectuelles) : mémoire, attention, concentration, orientation temporo-spatiale, etc… et fonctions exécutives.

Les fonctions exécutives nous permettent d’initier une action en fonction d’un but et de l’atteindre en faisant les bons choix, en nous organisant, en planifiant nos actions, en maintenant nos objectifs.

L’âge et les maladies peuvent détériorer des zones cérébrales responsables d’une ou plusieurs fonctions cognitives.

Les jeux et l’intelligence cristallisée

Certaines fonctions cognitives sont sensibles à l’apprentissage ou dépendent de nos temps de réaction aux différentes perceptions de nos sens : l’attention, la concentration, la mémoire sémantique, l’empan (mémoire à court terme), etc…

Ces fonctions font partie de ce qu’on appelle l’intelligence cristallisée. Elles sont dépendantes du travail fourni par la personne pour les acquérir (mémoire sémantique) ou des temps de réactions qui sont améliorés par la répétition des apprentissages.

En vieillissant la mémoire nous « joue des tours » et rares sont ceux qui ne s’en plaignent pas.

La baisse de l’attention et de la concentration est en grande partie responsable de ces problèmes de mémoire chez les personnes âgées.

Une grande majorité de jeux proposés pour « améliorer l’activité cérébrale » font appel à ce type de fonctions. Les scores s’améliorent (jusqu’à un certain point), on s’amuse.

La mémoire sémantique, elle, est souvent meilleure chez les personnes âgées et surtout fait souvent partie des centres d’intérêt motivant quand on vieillit : acquérir de nouvelles connaissances, réapprendre ce qu’on avait oublié.

Les cahiers de vacances pour adultes surfent sur cette motivation.

D’autres jeux sont basés sur la coordination visuo-motrice et permettent une amélioration des temps de réaction.

Les jeux et l’intelligence fluide

L’intelligence fluide est en quelque sorte ce qui nous permet de plus ou moins bien utiliser notre intelligence cristallisée.

Elle englobe entre autres les capacités de raisonnement et de logique, les capacités d’abstraction, d’organisation, de planification, la créativité, le jugement. Elle correspond en gros aux fonctions exécutives.

Dans le cerveau elles correspondent à des zones qui intègrent les données et dont les neurones sont plus vite atteints par différentes maladies.

Elle permet de trouver des solutions originales, de développer des idées nouvelles, de faire la synthèse des connaissances existantes.

Les jeux de stratégie comme les échecs, les dames, le scrabble, le bridge sollicitent ces fonctions cognitives dans une certaine mesure.

Les recherches

Les recherches en laboratoire portant sur l’amélioration spécifique de fonctions cognitives de malades Alzheimer (rééducation neurocognitive) telles que: la mémoire à court terme, l’attention, la concentration, la flexibilité ont mis en évidence que les personnes ne s’améliorent que sur la tâche proposée en laboratoire mais que l’habilité qu’elles ont acquise n’est pas transférable à des situations de vie quotidienne.

Les exercices de rééducation visent à restaurer des gestes ou des actions du quotidien, ils sont basés sur la répétition mécanique afin de devenir des automatismes.

C’est ce qu’on retrouve dans les jeux de coordination motrice, d’attention et de concentration.

Des recherches portant sur l’efficacité à long terme des entraînements de mémoire chez des adultes de tous les âges ont montré que nos scores de mémoire ne s’améliorent que quand on arrive à appliquer les stratégies de mémorisation enseignées dans les ateliers mémoire (représentation visuelle, verbale, catégorisation, etc…).

Les effets bénéfiques portaient sur la mémoire des noms et les listes de mots (Bottiroli S, Cavallini E, Vecchi T. Long-term effects of memory training in the elderly: a longitudinal study).

Art Kramer et son équipe (membres de Beckman Institute for Advanced Science and Technology at Illinois le lien ont testé l’hypothèse d’une approche plus globale de stimulation cognitive au lieu de viser l’amélioration d’une seule fonction.

Ils ont utilisé un jeu vidéo qui fait appel à des fonctions d’organisation et de planification

Ces fonctions font partie de ce que l’on appelle les fonctions exécutives. Elles permettent à un individu de réaliser les projets qu’il s’est fixé en choisissant les bons moyens, en organisant et en planifiant les actions.

Les performances du groupe des joueurs comparé aux non-joueurs ont été améliorées sur un certain nombre de tests cognitifs en particulier sur la mémoire de travail et le raisonnement qui font parties des fonctions cognitives supérieures car elles intègrent plusieurs informations et les traitent pour donner une réponse adaptée.

D’autres chercheurs Teena D Moody et Dr Gary Small ont testé l’’action de faire des recherches en ligne comme exercice d’’activité cérébrale. Neural activation patterns in older adults following Internet training par TD Moody, H Gaddipati, GW Small, SY Bookheimer. Poster Session 382.3/GG2, Human Cognition and Behavior: Aging Studies Presented Mon, Oct 19, at Neuroscience 2009 in Chicago.

Les chercheurs ont montré deux fois plus d’’activité dans les cerveaux de personnes faisant des recherches sur Internet que chez les personnes ne pratiquant pas l’Internet.

Les zones activées dans le cerveau (IRM) pendant l’utilisation de la recherche informatique étaient différentes au départ pour ceux ayant déjà une pratique de l’informatique et ceux n’en ayant pas.

Après l’apprentissage le groupe n’ayant jamais pratiqué l’informatique a vu de nouvelles zones activées dans son cerveau.

Stimulation cognitive et ordinateur

Je me suis formée à la stimulation cognitive en 1999.

J’’ai eu l’occasion d’animer des ateliers de stimulation avec de nombreux malades Alzheimer ou maladies apparentées et depuis 3 ans j’initie à l’informatique des personnes âgées (moyenne d’âge 75 ans).

Apprendre à se servir d’un ordinateur fait à la fois appel à nos capacités motrices et à nos fonctions cognitives tout en répondant à nos besoins quotidiens de communication, d’information, de distraction.

L’apprentissage de la souris sollicite la mémoire implicite (création d’automatismes moteurs) une coordination visuo-motrice pour pointez et cliquez au bon endroit.

La mémorisation des touches dédiées nécessite une mémorisation à long terme et la recherche d’information sur Internet sollicite nos fonctions cognitives supérieures (fonctions exécutives) comme la mémoire de travail (maintenir l’objectif recherché tout au long de la recherche), le jugement (choix pertinent à effectuer au niveau des différents sites), l’organisation, etc…

L’ordinateur est l’outil de stimulation parfait adaptable à tous les déficits car il peut être aussi bien utilisé pour une stimulation motrice ou visuelle, pour la lecture, la créativité, l’acquisition de connaissances, le jeu, la communication, etc… en fonction des intérêts, des motivations et des capacités de chaque personne.

Au regard des quelques recherches publiées et de l’utilisation qui en sera faite on peut faire l’hypothèse que l’ordinateur est un bon outil de prévention des détériorations intellectuelles car il sollicite aussi bien les fonctions exécutives (dans une utilisation de recherches d’information par exemple) que des fonctions plus ciblées (jeux, exercices de mémoire, d’attention).

Dans le cas de personnes déjà atteintes de troubles cognitifs l’ordinateur peut aussi être utilisé par des professionnels pour stimuler les capacités résiduelles afin d’essayer de ralentir la pente du déclin..

Limites

De nombreuses personnes âgées pensent qu’elles ne sont capables d’apprendre l’informatique.

D’autres sont réellement en échec d’apprentissage.

Encore d’autres se sentent incapables d’acheter et de faire mettre en place une connexion.

Solutions

Convaincue de l’utilité de l’informatique dans la vie d’une personne âgée je vous propose :

Des cours d’informatique adaptés à la démarche d’une personne âgée

Vous pouvez inscrire les personnes âgées de plus de 60 ans à 5 séances d’initiation à l’informatique (gratuit).

Un clic ici pour accéder aux formations proposées par le CEGVH, à Paris

Des Accès simplifiés à la micro-informatique

A la suite de cette initiation, l’’association Garder le contact pourra avec ses bénévoles, si vous en éprouvez le besoin, vous aider à mettre en place nos Accès Simplifiés pour faciliter le début de votre utilisation de l’ordinateur.

Nos Accès Simplifiés permettent d’accéder à toutes les fonctions de la micro-informatique : messagerie, Web, bureautique, photos, … en cliquant simplement sur de gros boutons.

De plus, nos Accès Simplifiés sont totalement personnalisables par chacun, la personne choisissant les sujets qui l’intéressent pour constituer son Bouquet dans son Espace personnel.

Un clic ici pour visiter le site de l’association Garder le contact, un autre clic ici pour une présentation de nos Accès simplifiés.